I) Qu’est-ce que voir ?
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Il nous est tous arrivé d’être surpris par l’obscurité dans laquelle une pièce était soudainement plongée par exemple à la suite d’une panne d’électricité. Nous sommes habitués à régler nos actes sur une évaluation spontanée des distances qui nous séparent de choses tant latéralement, elles sont à notre gauche, à notre droite ou face à nous ; tant selon l’axe de la profondeur et en vertu duquel elles nous sont proches ou éloignées, qu’elles soient momentanément devant ou derrière nous. Cette évaluation spontanée suppose que nous savons localiser les choses que nous voyons : un chemin, une maison isolée, un bouquet d’arbre ou, dans une pièce, le bureau, la fenêtre, la porte d’entrée, les rayons de la bibliothèque. Ce que nous voyons est en général ce vers quoi nous pouvons nous déplacer et, souvent, que nous pouvons saisir : un verre, un stylo, une poignée de porte, une boîte de petits pois. Si on ne peut saisir un paysage nous pouvons le dessiner ou le photographier. A certaines époques des conquérants s’emparaient solennellement de territoires entiers. De nos promenades nous ramenons parfois des objets : fleurs, fossiles, pierres remarquables. Au XVIIIème siècle des navigateurs revenaient de longs périples avec des herbiers pleins de plantes nouvelles.
Lorsque la panne d’électricité se déclenche c’est le jeu entre ce que nous voyons et ce que nous faisons qui se trouve perturbé ou interrompu. Nous prenons alors appui sur le souvenir d’habitudes gestuelles pour projeter dans le noir de la pièce l’image mentale d’une carte du lieu. En tendant le bras droit à droite je touche par exemple « le » radiateur ou, en faisant quelques pas vers la gauche, je me dirige vers « la » porte.
Lorsque la lumière revient le monde reprend ses traits habituels. Nous sommes soulagés. Ce n’est plus un problème d’aller du bureau vers la porte. Nos actions, à nouveau, se font légères et précises.
Nous avons l’impression que, devant nous, se tient le spectacle du monde et que notre regard lui-même n’est qu’un miroir reflétant passivement mais avec précision ce spectacle. En fermant les paupières nous fermons le rideau du théâtre et le spectacle se dérobe. Il nous échappe d’abord que, notre vision étant binoculaire, l’ajustement de la direction de chaque œil contribue à l’évaluation des distances et de la profondeur. Ce réglage est « automatique » et réflexe. L’essentiel étant que nous puissions nous mouvoir aisément dans l’espace et dans le but d’y accomplir des actions (chasser, pêcher, cueillir, trouver une destination, séduire, acheter, fabriquer etc.), les réglages nécessaires à une vision nette et en relief se font discrètement et rapidement. Si le chasseur prenait du temps pour régler sa vue sur l’animal qui passe dans son champ il raterait toujours sa cible. Cette « magie » du regard est le résultat d’une évolution au cours de laquelle les meilleures solutions se sont rapidement imposées. Les mal voyant étant plus exposés que les autres aux dangers ils ont toujours eu moins de temps pour avoir des descendants eux-mêmes mal voyant. Dans les sociétés humaines solidaires peuvent vivre relativement bien des familles ayant des problèmes génétiques de mal voyance. Dans la nature sauvage c’est impossible. Si un animal doit utiliser la vue pour survivre et s’il voit mal il ne vit pas longtemps et, de ce fait, ne laisse pas de descendance susceptible d’être elle-même mal voyante.
Habituellement la lumière est ainsi représentée comme une puissance clarteuse en vertu de laquelle le monde environnant devient spectacle. Dans la pièce plongée brutalement dans l’obscurité la lampe de poche qu’on sort du tiroir et qu’on met en marche redonne partiellement une vie visuelle à l’entourage.
Mais peut-on cependant assimiler notre regard à un miroir ? Nos yeux ne font-ils qu’accueillir la clarté ? Comment cela même est-il possible ? Si nous devions construire un modèle simple de la vision à l’aide d’un miroir il faudrait relier symboliquement ce miroir à un réseau de fils qui conduisent au cerveau. L’image qui se forme - au reste inversée - sur le fond de la rétine n’a de sens que parce qu’elle est une image sensible. Si nous détruisions cette sensibilité l’image aurait beau continuer d’exister nous ne verrions rien. Au reste un miroir ne voit rien et, surtout, il est insensible à l’image qui se forme grâce à lui. Un miroir ne se brise pas quand l’image d’un spectacle horrible semble se former à sa surface. Au reste il n’y a jamais d’image sur un miroir : le miroir n’est qu’un réflecteur particulier qui envoie à l’œil des informations filtrées d’une certaine manière. L’image que nous prêtons au miroir n’est qu’une image que l’œil forme lui-même.
Nous pouvons ainsi affiner quelque peu notre premier modèle. De la lumière parvient à notre œil de manière à former une image de chose sur la rétine. Cette image est sensible d’abord parce qu’elle n’est qu’un flux de particules chargées électriquement. Mais sa sensibilité correspond également au fait qu’elle est destinée à guider l’action. Il y a les choses ; les images optiques sensibles de ces choses et les schèmes d’action que nous avons appris à associer à ces images comme fuir, contourner, attraper, sourire, interpeler, démonter, juxtaposer, cueillir… selon que ces images sont des images d’objets, d’êtres vivants ou d’êtres humains.
La lumière, dans tous les cas, n’est jamais cette « substance clarteuse » dans laquelle semblent baigner les choses visibles. La sensation lumineuse est une opération subjective résultant de l’existence d’une réception sensible au rayonnement photonique. La lumière n’est une chose claire uniquement que parce que nous sommes sensibles aux photons qui la constituent. La propriété de clarté n’est pas en ce sens une propriété objective de la lumière mais la conséquence de notre sensibilité au rayonnement lumineux.
Cette sensibilité est sollicitée par ailleurs par deux grands types de sources : les sources directes et les sources indirectes. Lorsque nous craquons une allumette devant nous ils nous parvient directement une part importante de rayonnement. Si nous nous servons de l’allumette pour éclairer une pièce plongée dans le noir tout ce qui est visible est autant de sources indirectes de rayonnement. Lorsque, dans une situation semblable, nous regardons se consumer l’allumette en même temps que quelques objets éclairés par elle cela signifie que des photons parviennent ou directement ou en se réfléchissant sur les choses jusqu’à notre rétine.
Cela signifie que nous sommes nous-mêmes autant éclairés par la lueur de l’allumette que par les objets qu’elle rend visibles. En ce sens éclairer une pièce ou un lieu ne consiste pas seulement à déterminer un endroit par où peut arriver une flux de photons c’est penser à la manière dont tout ce qui devient visible participe au phénomène d’illumination. Dans une pièce le sol, le plafond, les murs, les meubles sont des modulateurs d’illumination.
De même, le plus fréquemment, la lumière naturelle pénètre dans les pièces davantage par réflexion que de manière directe. La lumière est réfléchie par les arbres, les immeubles, les nuages. L’atmosphère rend impossible une arrivée de lumière directe absolument pure. L’air, en effet, réfléchit toujours une part de lumière. Lorsqu’une allumette brûle c’est un petit nuage de gaz qui rayonne mais, dans le même temps, les molécules composant l’atmosphère proche peuvent réfléchir des photons.
Regardons comment, dans la maison Farnsworth, Mies éclaire le lieu.
- N’oublions pas : le fait que nous voyons le feuillage des arbres signifie que des rayons de lumière parviennent depuis les feuilles jusqu’à notre rétine. Les arbres réfléchissent la lumière à l’intérieur de la maison.
- De même plafond et sol réfléchissent « en blanc » la lumière. C’est aussi l’occasion de comparer ces modes de réflexion que constituent le feuillage et les surfaces claires (allant vers le blanc) parallèles de la maison.
- Le meuble en bois de couleur miel éclaire de même la pièce en apportant une tonalité ensoleillée. Apprécions le supplément apporté par la lumière artificielle réfléchie par la partie du meuble qui monte jusqu’au plafond. Cette partie contribue à isoler le salon. On remarque cependant que la continuité spatiale est assurée par le joint de lumière naturelle qui, à l’extrémité du meuble, permet de pivoter dans la grande pièce où se rejoignent salon et cuisine. (Voir le plan de la maison). Cet éclairage d’appoint fait un contrepoint avec la cheminée.
- Regardons celle-ci en l’imaginant en fonction.
Cette cheminée semble rayonner alors que rien ne brûle dans le foyer.
Mies ne s’est donc pas contenté d’ouvrir la «boîte » à la lumière par de grandes verrières notamment. Il éclaire les différents lieux de la maison en jouant sur la qualité des matériaux et notamment leur couleur.
Louis Kahn disait des matériaux qu’ils étaient de la « lumière dépensée ». Un matériau agit, en effet, comme un filtre retenant certaines longueurs d’onde et réfléchissant d’autres longueurs d’ondes.
Lorsque nous regardons un vase nous ne voyons pas un objet éclairé nous sommes éclairés par lui.
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II) Sur les 5 sens
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Est-il possible de qualifier les 5 sens habituellement distingués : goût, toucher, odorat, ouïe et vue en fonction de l’espace qu’ils permettent d’explorer ?
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Avançons quelques remarques :
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1/Le goût. Pour vraiment goûter quelque chose il est nécessaire d’en placer quelques fragments à l’intérieur des limites de notre image corporelle, dans la bouche. Le grain de raisin ou la gorgée de vin doivent être placés dans la bouche. Le goût combine en réalité d’autres sens comme le toucher et l’odorat. Mais pour apprécier pleinement le goût de quelque chose il faut en incorporer des fragments. La chose goûtée est la plus proche qui soit ; nous devons l’accepter dans notre corps, dans l’intimité de notre bouche. Le goût est peut-être le sens vital par excellence. Si le nouveau-né « aimait » tout ce qui pourrait être considéré comme un aliment, sans préférence innée pour le laiteux et le sucré, il s’exposerait à de grands dangers. Le veau nouveau-né ne se précipite pas pour manger de la terre ou même de l’herbe - son corps n’est pas prêt pour cela - mais pour se nourrir du lait maternel.
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2 /Le toucher. Certaines affections peuvent nous « toucher » intérieurement : la migraine, le mal de tête ! Mais, avec le toucher, et nos mains ne cessent de toucher mille et mille choses au cours d’une journée, nous ressentons ce qui entre en contact avec notre peau. Dans un bain nous prenons une connaissance sensible, tactile, d’une matière qui a la faculté de toucher la totalité de notre corps. Le toucher est le sens de l’espace connexe, de l’espace mitoyen. Dans le bain le corps et l’eau sont mitoyens. Nus, au soleil, c’est l’air chaud qui devient mitoyen. Mais le toucher nous prévient aussi du danger de l’épine même à travers le vêtement. Par définition nous ne sommes littéralement touchés que par ce avec quoi nous avons un contact direct. Le toucher repose sur une logique de juxtaposition. C’est le sens de la proximité immédiate et sans distance.
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3/L’odorat. Avec l’odorat l’espace prend un peu plus d’épaisseur. Les petits enfants sont très sensibles aux odeurs. C’est un point commun avec les animaux pour lesquels l’odorat tient une place très grande. L’expérience du parfum est l’expérience d’une proximité qui a un certain « volume ». Chaque corps est comme entouré d’un volume ou d’un écrin d’odeur. L’être humain est cependant beaucoup moins performant que de nombreux animaux. Les chiens sont capables, par exemple, d’identifier si, dans un lieu et dans les dernières 24 heures, il y a eu des cadavres. De même qu’avec le toucher nous pouvons opposer la sensation « bain » à la sensation « épine » l’odeur elle-même est nuage ou fumet ; volume ou trace. Le chien est enveloppé par l’odeur familière de son maître mais il peut suivre, dans les broussailles, la piste tortueuse déposée par une martre. L’odorat est peut-être celui des sens que l’être humain c’est le plus efforcé de domestiquer. Certaines odeurs nous sont repoussantes alors que, dans le monde animal, toute odeur est d’abord une information.
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4/L’ouïe. L’ouïe élargit encore davantage notre expérience de l’espace. C’est la voix familière, celle qui peut chuchoter dans l’oreille, mais c’est aussi le signal sonore entendu de loin : la cloche, le gong, la trompe d’alarme, le tonnerre, le cri de l’aigle. Dans le monde humain l’ouïe c’est le sens privilégié pour l’échange de paroles, pour la communication verbale et l’extase musicale.
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5/ La vue. L’être humain est le seul animal à voir les étoiles pour elles-mêmes. La vue est le sens qui nous projette dans l’infini. Certes, avec le chant, la poésie et la musique le son nous ouvre aussi sur l’infini et le sublime. Mais la vue le fait peut-être plus naturellement : il suffit, en été, de s’absorber dans la contemplation de la voûte céleste pour « goûter » à l’infini.
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Note sur le toucher. Si, par définition, nous ne touchons que des choses avec lesquelles nous sommes en contact, le toucher ne nous renseigne pas uniquement sur le proche. La fraîcheur que nous ressentons sur notre visage, un matin d’automne, est le résultat d’un contact entre l’atmosphère et notre peau. Mais elle nous renseigne aussi sur le temps qu’il fait. Nous faisons une différence entre le froid que nous ressentons à l’ouverture de notre réfrigérateur et celui d’une matinée d’automne.
Nous pourrions soutenir, de manière générale, que le toucher est le sens le plus fondamental.
Le goût résulte d’une relation tactile - d’un toucher - entre des aliments et des cellules spécialisées.
Il en est de même de l’odorat : des molécules en suspension dans l’air « touchent » les cellules qui tapissent l’intérieur des narines.
Dans la sensation sonore c’est un organe spécifique qui est « touché » par les ondes sonores. Quant à la vue les cellules rétiniennes sont de même « touchées » par le rayonnement photonique.
Dans l’antiquité des philosophes avaient imaginé, pour expliquer la vision, que des petits esprits sortaient de l’œil, palpaient en quelque sorte les choses, puis rapportaient ces « simulacres » à l’œil. Ils avaient eu l’intuition qu’il fallait qu’existât une couche tactile dans la vision. Nous savons aujourd’hui que ces « petits esprits » sont des photons réfléchis par les choses et en provenance de sources lumineuses naturelles, (soleil, lune, volcans…) ou artificielles.
La notion de contact est en réalité une notion grossière. Le photon ne « touche » pas la rétine mais entre en interaction avec les électrons qui circulent dans la couche rétinienne. Ce sont des mécanismes très fins, de nature microphysique, qui expliquent la possibilité de la sensation. Et cela même dans le cadre strict du toucher. Quand un boxeur est bien « touché » au visage se sont des modulations de flux « électroniques » qui l’informent sur ce qui vient de se passer. N’oublions pas que le bloc de pierre qu’on casse à la massue ne ressent rien.
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Nous pouvons dresser comme une carte des échelles spatiales des 5 sens.
Goût : proximité « intime » et buccale des choses goûtées.
Toucher : proximité de juxtaposition des choses touchées. Par exemple l’eau du bain. (Mais aussi la piqûre de l’épine).
Odorat : élargissement de l’espace de « l’image corporelle » vers un « lointain proche ».
Ouïe : élargissement de second degré. Possibilité de percevoir des événements sonores lointains.
Vue : élargissement optimum de l’espace. Nous voyons des étoiles.
Si nous sommes très peu performants sur le plan de l’odorat et de l’ouïe relativement à certains animaux nous sommes la seule espèce animale à être capable de voir les « corps célestes » : soleil, lune, étoiles, groupes d’étoiles.
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Les observations astronomiques sont en réalité inséparables des premières grandes architectures : pyramides, temples, cités sacrées…
Remarque. Chaque sens peut semble-t-il s’expérimenter sur le double registre de l’enveloppement ou du point ; du cercle et de l’orientation.
Goût : nous sommes « emportés » par un vin extraordinaire et « piqué » par un grain de poivre.
Toucher : nous sommes enveloppés par l’eau du bain mais piqué par l’épine.
Odorat : nous sommes de même enveloppés par un parfum mais intrigués par l’origine de certaines odeurs. Il y a une pomme moisie sur l’étagère !
Ouïe : nous nous laissons prendre par des architectures sonores mais entendons de loin le signal d’alarme.
Vue : de même nous nous plongeons avec délice dans des ambiances visuelles mais observons une étoile lointaine qui nous intrigue.
Le nuage et le point ; le volume et le trait.
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III. Pensées de Louis Kahn
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Comment peut-on imaginer construire des espaces qui ne voient pas la lumière naturelle ? On construit des écoles avec peu ou pas de lumière naturelle, soi-disant pour économiser les coûts d’entretien et assurer les professeurs de l’attention sans faille de leurs élèves. A l’intérieur d’un bâtiment, ce qu’il y a de plus merveilleux, ce sont les atmosphères que la lumière confère à l’espace. L’ampoule électrique combat le soleil. Pensez-y.
La structure fait la lumière. Une colonne et une colonne créent la lumière entre elles. C’et ombre-lumière, ombre-lumière, ombre-lumière, ombre-lumière. Avec la colonne, nous réalisons une beauté simple et rythmée qui a évolué à partir d’un mur primitif avec ses ouvertures. Au début, les murs étaient épais. Ils protégeaient l’homme. Celui-ci éprouva le désir de la liberté et la promesse du monde extérieur. Il fit d’abord une ouverture grossière. Puis il expliqua au mur malheureux qu’en acceptant une ouverture, le mur devait maintenant se conformer à un ordre plus haut avec, pour nouveaux éléments de valeur, des arcs et des pilastres. Ce sont là des réalisations de l’architecture de la Lumière et de la Structure.
Quand je vois une partition de musique, je réalise que le musicien la voit pour l’entendre. Pour un architecte, le plan est une feuille de papier sur laquelle apparaît l’ordre de la structure des espaces dans leur lumière.
On peut dire que l’architecture est la fabrication réfléchie d’espaces. (…) Pour le musicien, la partition c’est voir ce qu’il entend. Le plan d’un bâtiment devrait se lire comme une harmonie d’ espaces dans la lumière.
Une pensée de Ralph Aldo Emerson :
Pour se retirer dans la solitude, on a autant besoin de quitter sa chambre que la société. Je ne suis pas seul tandis que je lis ou écris, bien que personne ne soit avec moi. Mais si un homme veut être seul, qu’il regarde les étoiles. Les rayons qui tombent de ces mondes célestes le sépareront de ce qui l’environne. Il est permis de penser que l’atmosphère a été créée transparente dans le seul but de donner à l’homme, par l’intermédiaire des corps célestes, le sentiment de la présence constante du sublime. Vue à travers les rues des villes, comme les étoiles paraissent grandioses!
Ralph Aldo Emerson
Avec une toile de Vincent van Gogh :
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