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L' "architecture" est née avec notre temps. Dans tous les édifices vraiment modernes, l'attitude de l'architecte est fondamentalement différente de celle du sculpteur et aussi bien de celle de son frère, l'architecte traditionnel. Il n'est pas a priori intéressé par l'unité structurelle ni par les possibilités sculpturales. Son seul intérêt est la création de formes spatiales, générées par le nouveau médium qui est aussi riche et illimité dans ses possibilités expressives que tout autre médium de l'art : la couleur, le son, la masse, etc.
Cela nous conduit à une nouvelle compréhension des tâches de l'architecture moderne.
Ces expérimentations servent à développer un langage de l'espace nouveau, dans sa syntaxe et son vocabulaire.
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L'architecte du passé concevait le bâtiment comme une masse de matériaux de construction à mettre en forme bâtie. Le médium de son expression était identique à celui du sculpteur, celui d'une forme massive.
L'architecte de notre époque découvre un nouveau médium, celui de l'espace. La maison du futur est une symphonie de "formes spatiales". Chaque volume est une partie nécessaire de l'ensemble. Les matériaux de construction, les murs, les plafonds, les planchers ne sont que les moyens d'un seul but, celui de définir des formes spatiales. Celles-ci perdent leur signification individuelle et, mêmes simplifiées à l'extrême, tel un simple tissu, presque immatériel, elles ont la capacité d'articuler l'espace dans les pièces.
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L'architecte du passé concevait la maison comme un groupement de pièces distinctes, extraites d'une masse structurellle, comme les trous d'un fromage. Chaque pièce se suffisait à elle-même et n'était que faiblement reliée à la suivante. Il était alors possible de décorer chaque pièce selon un "style" propre et finalement, à notre époque, d'y ajouter une salle de bain à l'américaine sans que cela ne crée un quelconque choc chez l'habitant.
L'architecte de l'espace voit la maison (ou toute la ville) comme un espace cosmique. La maison devient un organisme dans lequel toutes les piècess sont en relations entre elles et représentent des variations selon un thème de base. La maison devient un tissu formé d'un minimum de matières fondamentales qui servent à définir ses propres formes spatiales. Le mobilier stationnaire (comme par exemple le lit) fait partie des composantes de ce tissu, et de ce fait il devient impossible de dire où finit l'espace de la maison et où commence celui du mobilier. Le peu de mobilier qui est par nécessité mobile (comme par exemple les chaises) acquiert ainsi une signification particulière. Par le fait qu'il est mobile, il est inapropproprié pour définir une conception d'espace pour des raisons de clarté architectonique, il doit être réduit au minimum. Il sera dans la mesure du possible pliable, à ranger, ou peut-être transparent de manière à être le plus inconsistant possible.
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La maison s'ouvre largement sur le jardin, et pour atteindre le confort, même à l'aide d'un climat artificiel, il ne faut pas perdre la notion d'ouverture.
Nos nouvelles facultés de fabriquer un propre climat ne doit pas nous séparer de notre contact naturel avec les éléments.
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