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31 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (0)
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Le réalisateur Wang Xiaoshuai, en travaillant sur les traces du célébrissime Le voleur de bicyclette de Vittorio de Sica, a filmé une fin du monde.
Un jeune homme d'origine campagnarde est engagé à Pékin par une compagnie pour faire des courses avec un vélo VTT. Cette compagnie permet aux coursiers d'acheter avec une partie de leur salaire leur propre vélo. A quelques heures de la prise de possession de son outil de travail il se fait voler sa bicyclette. Xiaoshuai filme, dans Beijing Bicycle, toute la violence d'attitude, verbale et physique que la grande ville de Pékin, entrant dans l'ère de la modernité de la voiture, inflige aux plus faibles.
Le spectateur, comme dans le film de de Sica, devient le compagnon d'infortune du volé. Mais, à l'aide de quelques plans, Xiaoshuai nous laisse deviner qu'à côté du destin révoltant du coursier se nouent parfois des tragédies silencieuses et invisibles.
"Petit Guei" - il faudrait vérifier mais il semble que le nom du jeune homme n'est jamais prononcé par les autres sauf par son ami le boutiquier - revient d'une course après avoir, du moins le croit-il, récupérer son vélo.
Il heurte alors une jeune fille qui tombe au sol et s'évanouit.
Je vais, par quelques phrases lapidaires, décrire ce qui arrive alors au personnage féminin.
1. Elle est heurtée par "petit Guei" en vélo.
2. Elle est transportée et allongée à l'intérieur de la minuscule boutique de l'ami de "petit Guei".
3. Elle est maquillée "comme une dame", habillée de blanc et d'une écharpe de soie fine de couleurs vives.
4. L'ami de "petit Guei" la réveille.
5. Encore étourdie par le choc elle ne voit pas que son écharpe glisse de son épaule et tombe au sol.
6. Elle rassemble des affaires dispersées par le choc, les met à l'intérieur d'un sac et se chausse des hauts-talons de couleur rouge avec lesquels elle était venue.
7. Plusieurs séquences plus tard on la voit fouiller vainement la boutique à la recherche de l'écharpe oubliée. Son visage est empreint d'angoisse.
8. En réalité c'est une servante. Elle avait l'habitude de sortir habillée avec les vêtements de sa patronne. On voit celle-ci, avec sa fille, surprendre sa servante habillée "en dame" en train de fouiller dans la boutique.
9. On apprendra plus tard qu'elle a été accusée de vol, renvoyée et qu'elle a DISPARU.
Images!
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(Ci-dessus) On remarque l'écharpe de soie autour du cou de la jeune fille que vient de heurter "petit Guei".
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(Ci-dessus). La jeune fille est étendue à l'intérieur de la boutique. Le foulard est trés présent dans l'image.
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(Ci-dessus). La jeune fille vient de sortir de son évanouissement. En se relevant elle ne verra pas que l'écharpe de soie glisse de son épaule.
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(Ci-dessus). L'écharpe de soie est tombée. Le destin de la jeune fille bascule à ce moment-là. Elle va être accusée par sa patronne de vol et renvoyée...
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(Ci-dessus). Le réalisateur nous montre la jeune fille encore sous le choc, abasourdie. Mais quelque chose vient de se déclencher de beaucoup plus terrifiant que les conséquences momentanées d'une collision avec un cycliste.
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(Ci-dessus). La jeune fille rassemble les affaires éparpillées par le choc dans un sac. Elle chaussera également les hauts-talons rouges. Elle ne s'apercevra pas qu'elle a oublié l'écharpe de soie.
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(Ci-dessus). Quelque temps plus tard la jeune fille revient dans la boutique et, sans prononcer un seul mot, cherche désespérement l'écharpe oubliée après le choc.
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(Ci-dessus). La recherche de la jeune fille est vaine. L'angoisse et le désespoir se lisent sur son visage. Elle n'a jamais rien dit comme si elle était véritablement muette.
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(Ci-dessus). La patronne de la jeune fille vient de la surprendre dans la boutique maquillée et portant ses vêtements. Elle est trés en colère. La patronne et sa fille montent en voiture tandis que la jeune servante (en bleue, à gauche de l'image), repart à pied.
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(Ci-dessus). Plus tard l'ami de Guei évoque, avec distance et mélancolie, le destin de la jeune servante. Elle a été accusée de vol et renvoyée. Mais, surtout, elle est DISPARUE.
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Le destin de Guei est lui-même terrible. Il finira, poussé à bout, par commettre un meurtre. Il s'est condamné probablement à mort. Il ne s'est pas aperçu qu'en heurtant la jeune servante il a déclenché un processus qui a conduit à sa DISPARITION.
Qu'est-elle devenue?
L'hypothèse la plus probable est qu'elle aura été vendue à un réseau maffieux de prostitution.
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Fin du film/fin du monde?
"Petit Guei" sera agressé par une bande de collégiens arrogants et méprisants. Ils détruiront son vélo, le seul moyen qu'il a de ne pas sombrer dans la misère la plus noire.
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Il se saisira d'une pierre et assommera, sans doute en le tuant, le collègien "nouveau-pékinois" qui s'acharnait sur son vélo. Il se condamne par là à mort.
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Voilà la nouvelle Chine. Voilà le "nouveau Monde".
Guerres pétrolières... Darfour... Destruction de la planète... Exclusion croissante des humbles et des plus fragiles...
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Le nouveau Pékin ressemble à un cortège funèbre qui s'ignore. Un cortège qui se fond avec ceux de Paris, de Londres, de New-York...
Ceci est le dernier plan du film.
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31 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (0)
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CRITIQUES PRESSE
Repérages-Julien Welter :
…le symbole d’une communauté désoeuvrée qui a perdu la notion de solidarité et vit sans recul la transformation de toute relation humaine en relation marchande. Wang Xiaoshuai le montre avec une précision cruelle, à l’impact mortifiant.
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Première – Olivier de Bruyn :
Formaliste de feu, Wang gère ses acteurs avec une idée par tour de manivelle. Sur une anecdote matérielle, il crée le suspense pour parler de la Chine d’aujourd’hui, rutilante d’amour et de violence. Une découverte.
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Le Figaroscope – Françoise Maupin :
Un vrai film « nouvelle vague » prouvant une fois encore que la vitalité dont fait preuve le cinéma de l’Asie du Sud n’est pas prête de s’épuiser.
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Aden – Philippe Piazzo :
La film a la délicatesse d’être une chronique qui s’autorise des à-côtés baladeurs et un virage final des plus tendu. De quoi surprendre et vraiment séduire.
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Le Monde – Jean-Michel Frodon :
La force du film, qui tient à cette lisibilité au service de la complexité du récit, est due à la réalisation de Wang Xiao-shuai, marquée par l’étonnante présence physique des protagonistes filmés « à cru » et souvent dans une lumière forte.
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Les Echos – Annie Coppermann :
Linéaire…, ce film étonnant parvient malgré sa trame minimaliste à nous surprendre et nous accrocher sans temps morts, au fil des longues courses à travers une ville où aux grandes artères embouillées succèdent d’étroites ruelles bien calmes…
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Les Inrockuptibles – Serge Kaganski :
Au-delà des évidentes qualités de cinéma à l’œuvre ici, la principale information de Beijing Bicycle est… de nous montrer qu’il existe désormais en Chine populaire un consumérisme, une violence de statu social…
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Le Nouvel Observateur – Pascal Mérigeau :
C’est un conte d’aujourd’hui, que l’on suit avec intérêt et plaisir, vécu par des personnages auxquels on s’attache d’emblée et qu’on ne lâche plus, interprété par de remarquables jeunes acteurs, filmé avec intelligence et malice, avec juste ce qu’il faut de cruauté et de tendresse.
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MCinéma.com – Guillaume Tion :
Le passage à l’âge adulte fait mal ; et le film nous le restitue admirablement, jouant avec brio su les concepts de hasard malheureux et d’injustice, soignant une réalisation laissant la part belle aux deux jeunes comédiens.
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Positif – Olivier De Bruyn :
Quelque part entre Takeshi Kitano (…) et Hou Hisao-hsien (…), Wang Xiaoshuai démontre que son intelligence discursive trouve dans l’agencement stylistique un écho formel qui lui permet d’éviter le bavardage et les redondances.
Chronic’art.com – Elysabeth François :
Beijing Bicycle exploite … à fond le filon du misérabilisme en surexploitant un scénario qui emprunte beaucoup au Voleur de bicyclette deVittorio De Sica.
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Télérama – Louis Guichard :
Malgré ses trouvailles visuelles et ses incidences comiques, malgré le talent de cinéaste, intact de Wang Xiaoshuai, Beijing Bicycle verse dans l’exercice de style, sans ampleur, répétitif et vain.
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Libération- Jean-Marc Lalanne :
Beijing Bicycle charme par sa description documentaire de la circulation urbaine, sa restitution sensible de la ville, ses passants, ses vélos… Beijing Bicycle n’évite pas pour autant toutes les facilités.
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Le Figaro Magazine – C. G. :
Le drame… nous semble démesuré et l’absence de dialogues provoque des longueurs, mais Cui Lin (Guei) n’a pas besoin de parler pour décrocher le prix du meilleur acteur au Festival de Berlin.
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30 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (0)
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LE MONDE | 29.03.07 | 15h01 • Mis à jour le 29.03.07 | 15h01
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Deux sénateurs de bords opposés, Pierre Laffite (UMP, Alpes-Maritimes) et Claude Saunier (PS, Côtes-d'Armor), ont lancé un cri d'alarme, mercredi 28 mars, au cours d'une journée d'audition publique au Sénat. "La prise de conscience des autorités et de la société a eu lieu sur les risques liés au changement climatique, mais pas sur les conséquences de l'effondrement de la biodiversité, estime M. Saunier. Le choc à prévoir est pourtant au moins aussi important."
Or la disparition des espèces a aujourd'hui lieu à un rythme dix à cent fois supérieur à la normale, et, d'ici à 2050, il pourrait devenir de cent à mille fois supérieur. "Quand on évoque le sort des papillons, des oiseaux ou des microbes, les citoyens ne s'y retrouvent pas, a dit Robert Barbault, directeur du département d'écologie au Muséum national d'histoire naturelle. Mieux vaut parler de la biodiversité comme du tissu vivant de la planète. Ce sont des milliards d'espèces, dont les hommes, qui ont une multitude d'interactions entre elles. Quand une maille saute, une deuxième lâche, et une troisième, et le tissu se désorganise."
"L'espèce humaine ne vit pas hors sol, a rappelé Dominique Dron, professeur à l'école des Mines. Si les écosystèmes ne sont pas assez robustes pour encaisser le choc climatique, nous ne le serons pas non plus." Les causes de l'effondrement sont connues : surexploitation des ressources halieutiques, pollution des eaux douces, déforestation pour l'exploitation commerciale du bois ou agricole, méthodes de culture intensives, urbanisation... Sans oublier la "pollution biologique" causée par le transport d'espèces exotiques dans de nouvelles zones, et l'impact du changement climatique.
"RESPONSABILITÉ PARTICULIÈRE"
Cette situation impose des initiatives "d'une autre ampleur que celles menées actuellement", selon les élus. La France a, sur ce point, "une responsabilité particulière", du fait de sa place dans les organisations internationales et de sa présence dans les zones tropicales, très menacées.
La création de réserves naturelles, si elle est indispensable, n'est pas une réponse suffisante, selon les scientifiques : isolées, ces zones sont condamnées. Pour eux, toutes les activités humaines devraient prendre en compte la nécessité de protéger le vivant.
C'est l'esprit de la "stratégie nationale de la biodiversité", dont l'objectif est de stopper la perte de biodiversité d'ici à 2010, grâce à des plans d'action élaborés dans chaque ministère. Mais le comité français de l'Union mondiale pour la nature (UICN) a récemment déploré le manque de mesures significatives, en particulier en matière d'urbanisme, de transports ou d'agriculture.
30 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (0)
La télécratie qui règne désormais en France comme dans la plupart des pays industriels ruine la démocratie : elle remplace l’opinion publique par les audiences, court-circuite les appareils politiques et détruit la citoyenneté. La télévision et l’appareillage technologique qui la prolonge à travers les réseaux numériques de télécommunication sont en cela devenus le premier enjeu politique. De ces effets ruineux de la télécratie, qui transforment la vie quotidienne dans ses aspects les plus intimes, les candidats au scrutin présidentiel de 2007 ne disent pas un mot : ils ont été produits par ce système. Car à travers ce que l’on appelle les industries de programmes, c’est la relation politique elle-même qui est devenue un nouveau marché, et ce marketing confine aujourd’hui à la misère politique : au cours de la dernière décennie, l’appareil télécratique a développé un populisme industriel qui engendre à droite comme à gauche une politique pulsionnelle, et qui semble conduire inéluctablement au pire. Ce devenir infernal n’est pourtant pas une fatalité. La philosophie se constitua à son origine même contre la sophistique : celle-ci, par une appropriation abusive de l’écriture, développait une gangrène qui menaçait de guerre civile la cité athénienne. De cette lutte contre les tendances démagogiques de la démocratie grecque résultèrent les formes de savoirs qui caractérisent l’Occident.
Prônant un nouveau modèle de civilisation industrielle, cet ouvrage affirme qu’un sursaut démocratique contre les abus de la télécratie est possible, et appelle l’opinion publique française et européenne à se mobiliser contre la dictature des audiences.
Flammarion, octobre 2006
Par Olivier Assouly (oassouly@ifm-paris.com)
30 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (0)
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29.03.07 | 17h03
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Par Alister Doyle
OSLO (Reuters) - L'amélioration des techniques de construction de l'habitat et des économies d'énergie seraient plus efficaces dans la lutte contre le réchauffement climatique que l'ensemble des réductions d'émission de gaz à effet de serre (GES) décidées par le Protocole de Kyoto, écrit le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) dans un rapport.
"L'habitat peut jouer un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique", souligne le rapport publié à Oslo dans le cadre d'une conférence sur les moyens de porter une croissance économique qui ne nuise pas à l'environnement.
Parmi les mesures simples énumérées par le PNUE: équiper les fenêtres de volets plus opaques pour stopper les rayons du soleil (et limiter ainsi l'élévation de la température dans les intérieurs), privilégier des ampoules moins consommatrices d'électricité (que les traditionnelles ampoules à filament), améliorer l'isolation et l'aération de l'habitat.
"Evitez aussi de construire une maison plus grande que vous n'en avez besoin", recommande aussi le rapport.
Selon Achim Steiner, qui dirige le PNUE, des estimations prudentes soulignent que les réductions d'émission de GES dont est responsable le secteur du bâtiment et de la construction à l'échelle mondiale pourraient représenter 1,8 milliard de tonnes de CO² par an.
"Une politique plus agressive en matière d'efficacité énergétique pourrait porter ces réductions à plus de deux milliards de tonnes, soit près de trois fois plus que les réductions prévues par le Protocole de Kyoto", ajoute-t-il.
"POTENTIEL GIGANTESQUE"
Ce Protocole négocié sous l'égide de l'Onu engage 35 pays industrialisés à réduire d'ici 2008-2012 leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% par rapport à leur niveau de 1990.
"Les économies qui peuvent être faites dès maintenant (dans le BTP) ont un potentiel gigantesque, et le coût de leur mise en oeuvre sera relativement faible si un nombre suffisant de gouvernements, d'industriels, d'entreprises et de consommateurs agissent", poursuit le directeur du programme onusien.
"En moyenne, les coûts de construction progressent de 3 à 5% si on introduit des solutions d'économie d'énergie", rappelle l'étude du PNUE qui s'inscrit dans un projet soutenu par des entreprises comme Lafarge, Skanska ou Arcelor.
Pour le PNUE, les pays en croissance rapide doivent mettre davantage l'accent sur cet "habitat vert", moins consommateur d'énergie. La Chine en premier lieu. Avec près de deux milliards de mètres carrés construits chaque année, le pays le plus peuplé de la planète est aussi le plus bâtisseur.
Le rapport précise également quelques données de base.
La consommation d'énergie est ainsi plus élevée dans une maison d'habitation que dans des magasins, des bureaux, des écoles ou des hôpitaux.
De même, l'utilisation du bois de charpente est une option souvent moins chère et moins coûteuse en énergie. Il faut deux à trois fois plus d'électricité pour produire des poutrelles en métal que des poutrelles de bois.
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29 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (0)
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Alklan : On nous parle sans arrêt de sortir du nucléaire, parce que c'est polluant et dangereux. Mais quelles énergies préconisez-vous pour remplacer le nucléaire ?
Stéphane Lhomme: Par exemple, il faudrait un véritable plan Marshall de rénovation des bâtiments. On fait aujourd'hui des maisons dites "à énergie positive" qui produisent plus d'énergie qu'elles n'en consomment, et qui n'ont donc plus besoin d'être reliées au réseau EDF. Si l'on développe ces solutions à grande échelle, on pourra se passer du nucléaire tout en réduisant les émissions des gaz à effet de serre.A nouveau, la solution passe par une réduction très importante de la consommation d'énergie, principalement dans les pays riches.
On peut dire que c'est utopique, mais dans ce cas, on ne sauvera pas la planète. Par contre, on peut réduire de façon très importante notre consommation d'énergie sans pour autant aller vivre dans des grottes avec des bougies. Les maisons à énergie positive, qui permettent de vivre tout à fait normalement (et même avec un bien-être supérieur par rapport aux habitations ordinaires). Il est anormal que l'on continue à fabriquer des bâtiments ordinaires qui laissent s'échapper la plus grande partie de leur énergie à l'extérieur.
Pour "justifier" le nucléaire, EDF a installé en France des millions de chauffages électriques et maintenant, avec le réchauffement climatique, il y a de plus en plus de climatiseurs. Donc dès qu'il fait froid ou chaud, on a des consommations extraordinaires d'électricité, dont on pourrait se passer avec des bâtiments bien conçus.
Donc la chose la plus importante est de réduire notre consommation d'énergie. Il ne faut surtout pas essayer de produire (et de gaspiller) avec les énergies renouvelables autant qu'avec les centrales nucléaires, ce serait absurde. Les énergies renouvelables doivent venir en complément d'une politique ambitieuse d'économies d'énergie. L'énergie nucléaire "sûre" ou "propre" n'existe pas. Le nucléaire est par nature injustifiable (risques, déchets, prolifération vers l'arme atomique). Il faut donc s'en passer totalement. Et ne pas se contenter d'en réduire la part.
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Lire dans son intégralité l'article du Monde.fr :
Stéphane Lhomme : "il faut arrêter de croire que le nucléaire va nous sauver".
Cliquez :
http://abonnes.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-823448,55-888222@51-875168,0.html
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28 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (0)
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«Libération» publie l'appel de dix des plus éminents écrivains européens lancé, samedi, par «The Independent» à l'occasion du cinquantenaire du traité de Rome.
Darfour : «Ne pas tolérer»
Aux dirigeants des 27 pays membres de l'Union européenne.
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Par Umberto ECO, Dario FO, Günter GRASS, Jurgen HABERMAS, Vaclav HAVEL
QUOTIDIEN : mardi 27 mars 2007
Umberto Eco, Dario Fo, Günter Grass, Jurgen Habermas, Václav Havel, Seamus Heaney, Bernard-Henri Lévy(1), Harold Pinter, Franca Rame, Tom Stoppard (1) Bernard-Henri Lévy est membre du conseil de surveillance de Libération.
Texte publié par Il Corriere della Sera (Italie), le Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne), El País (Espagne), l'Espressen (Suède), le Prague Daily Monitor (République tchèque), la Gazeta (Pologne), The Times of Malta (Malte), Romania Libera (Roumanie), le Diario de Noticias (Portugal), l'Aftenposten (Norvège), The Independent (Grande-Bretagne), le Washington Post (Etats-Unis) et le site web du New York Times (Etats-Unis).
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Comment osons-nous, nous, Européens, célébrer [le 50e anniversaire de] notre union en cette fin de semaine alors que, sur un autre continent, à quelques kilomètres plus au sud, les plus vulnérables, les plus démunis et les plus faibles sont assassinés au Soudan ?
L'Union européenne née de l'horreur et unie pour prévenir l'horreur n'a-t-elle rien à déclarer, aucun principe à invoquer, aucune action à engager, pour empêcher ces massacres au Darfour ? Notre lâcheté à Srebrenica doit-elle se répéter ? Si c'est le cas, que célébrons-nous alors ?
La fragilité de notre unité politique ?
La futilité des postures de notre classe politique ?
L'impuissance et la nullité de notre bureaucratie ?
L'Europe, qui a permis Auschwitz et échoué en Bosnie, ne doit pas tolérer les assassinats au Darfour. L'Europe est plus qu'un réseau de politiciens, plus qu'un club de puissances économiques ou une excroissance bureaucratique. C'est un héritage culturel, qui repose sur notre croyance commune en la valeur et la dignité de l'être humain. Au nom de cette culture et de ces valeurs partagées, nous appelons les 27 dirigeants européens à imposer immédiatement les sanctions les plus strictes aux dirigeants du régime soudanais.
Interdisez-leur l'accès à notre territoire, à nos hôpitaux et à nos produits de luxe. Gelez leurs avoirs dans nos banques et agissez immédiatement pour impliquer les autres pays concernés.
Nous ne devons pas, une fois de plus, trahir notre civilisation européenne en assistant, impassibles, à la destruction d'une autre civilisation en Afrique.
Que cette action soit un cadeau que nous nous faisons et une preuve que nous nous donnons. Quand nous l'aurons accomplie, alors nous célébrerons notre union ensemble, avec fierté.
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27 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (0)
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LE MONDE | 26.03.07 | 12h48 • Mis à jour le 26.03.07 | 16h41
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Vivre en famille, oui. Mais avec la possibilité de s'isoler. Même s'il n'est pas toujours formulé explicitement, tel est le sentiment dominant qui semble aujourd'hui monter dans les foyers français. Autrement dit, réunir enfants et parents sous le même toit reste une priorité mais à condition que la cohabitation soit vivable, que l'autonomie de chacun soit respectée.
L'habitat, rappelle François de Singly - qui a réalisé cette étude avec le Lab', la cellule d'observation et d'analyse des comportements et tendances dans la maison, créée en 2005 par la société Velux -, a toujours évolué en fonction des modes d'organisation de la famille. Ainsi, les chambres d'enfant ont, dans les familles bourgeoises, d'abord été placées près de l'espace ou étaient logés les domestiques. Puis, à la fin du XIXe siècle, elles se sont rapprochées de la chambre des parents, qui, en quête d'intimité, ont décidé d'éloigner leur personnel à l'extérieur de la maison. "D'où l'invention des chambres de bonne", souligne le sociologue. Ce n'est que dans les années 1960, parallèlement à la reconnaissance de son identité, que l'enfant a vraiment pu disposer d'un espace véritablement autonome.
Ce modèle subsiste, mais il soulève tout de même un paradoxe. Certes, les enfants disposent d'une chambre qui délimite leur espace personnel d'autonomie - plus ou moins négociée -, mais les parents, qui font chambre commune, en sont privés. Une telle configuration a fini par créer des insatisfactions, des frustrations et des tensions.
La famille, confirme François de Singly, est en mutation. Si le mariage demeure, il est devenu - y compris avec l'accès facilité au divorce - "libre". Cette souplesse peut se manifester à travers une succession de vies conjugales, notamment avec des phases de vie monoparentale et de famille recomposée. "La famille est plus flexible, plus mobile, plus souple, souligne le sociologue. Elle est un lieu de réalisation des contraires, de la liberté et de la sécurité, de la vie seule et de la vie avec."
Au quotidien, ce phénomène se traduit par l'alternance entre les moments où chacun souhaite s'isoler - qu'il s'agisse de pratiquer des loisirs, de se détendre ou de travailler - et ceux où la famille se réunit. Ces moments de convergence, qui se font par affinités, ne concernent pas forcément toute la tribu. Ils réunissent parfois seulement deux ou trois membres de la famille : la mère et la fille autour d'une série télévisée, le père et le fils devant un match de football, par exemple.
Les changements sont aussi observables lors des réunions de famille, qui ne se déroulent plus seulement autour d'une table avec une nappe et des règles strictes, mais aussi dans la cuisine, avec une parole qui circule. Il arrive aussi que la famille s'installe dans le canapé. "Les uns et les autres ne passent pas leur temps à se regarder mais à regarder dans la même direction", commente François de Singly.
C'est là que s'impose l'idée de la "pièce en plus" dans cette nouvelle maison recomposée qui pourrait, entre autres, être aménagée dans les combles des résidences individuelles. Une pièce à usage multiple, destinée à servir tour à tour d'espace, le week-end, pour les enfants d'unions précédentes, pour la pratique des "loisirs créatifs", de seconde salle de séjour pour que la famille puisse se réunir en groupes séparés. Elle peut aussi, ponctuellement, devenir le lieu où enfants et parents reçoivent copains et amis pendant que le séjour restera réservé à la vie "privée". Autant de raisons, insiste le sociologue, de ne pas nommer ce nouvel espace, ce qui risquerait de figer sa fonction. Reste à convaincre donneurs d'ordre et architectes de concevoir différemment les logements de demain.
Ces travaux rejoignent d'autres réflexions qui se sont nouées autour d'une nouvelle répartition de l'espace habitable. Des spécialistes de l'aménagement domestique plaident pour la création d'une "salle d'eau" de nouvelle génération, sur le modèle des buanderies collectives à l'américaine. Celle-ci permettrait d'accueillir les équipements ménagers, toujours plus nombreux et volumineux, qui nécessitent une alimentation en eau.
Ce n'est que dans les années 60, parallèlement à la reconnaissance de son identité, que l'enfant a vraiment pu disposer d'un espace véritablement autonome.
Autre proposition, ouvertement iconoclaste : celle de la pièce-garage dans laquelle viendrait s'installer la voiture familiale, hissée dans l'appartement grâce à un système d'ascenseur. Et comme les voitures d'après-demain seront sans doute motorisées par une pile à combustible produisant de l'électricité, cette présence pourrait représenter une source d'énergie supplémentaire pour la maison...
27 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (0)
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LE MONDE | 26.03.07 | 16h25 • Mis à jour le 26.03.07 | 16h25
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L'Américain Mark Dion fait partie de l'espèce des artistes-aventuriers. L'exposition qu'il livre aujourd'hui au Carré d'art de Nîmes se dessine donc comme la somme de ses expéditions : de celles qui le mènent au fin fond de l'Amazonie, filet à papillons sur l'épaule, en compagnie des plus sérieux des chercheurs, à celles qui le poussent à explorer parquets et greniers des plus humbles musées. Pour y trouver quoi ? Mille et un insectes étranges, toute cette vie qui grouille sous l'accumulation froide du savoir.
La voilà donc avec ses sections géologie, anthropologie, ornithologie, sans oublier les petites bêtes de l'entomologie, à l'instar de son musée-modèle. On y retrouve aussi cette accumulation de vitrines, tiroirs secrets et fioles diverses qui fondent le genre.
Mais Dion les utilise, lui, pour mieux embrouiller les présupposés même du musée, et mettre l'accent sur l'artificialité de cette mise en image totalisante du monde : sa série de clichés pris dans tous les musées possibles, montrant les mises en scènes variées qu'ils proposent autour du motif de l'ours polaire, en offre la superbe démonstration.
Copie non conforme de l'utopie muséale, cette exposition nous livre en fait les fables d'un monde qui échappe, et qui classifie la nature sans la considérer. Là où l'artiste est le plus efficace, c'est dans l'économie de moyens. Ainsi de cette sculpture montrant un arbre carbonisé auquel pendent des serpents, monument aux oiseaux de Guam : elle évoque l'histoire de l'île de Guam, au large du Japon, investie au cours de la seconde guerre mondiale par l'armée américaine. Elle abritait alors un écosystème intouché, au sein duquel les soldats ont par mégarde importé des serpents. Ces derniers ne laissèrent pas un seul des oiseaux vivants. Parabole de désastres à venir...
A travers de telles images, l'artiste réinvente, sans naïveté ni dogmatisme, un art écologiste que l'on craignait oublié.
26 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (0)